dimanche 10 avril 2016

La pipe et la godille

1 mois à Atuona, Arumbaya n’est plus qu’un mobil home flottant…  Comment rentabiliser une escale aussi contraignante?

Après un rapide coup d’œil à la « to do list » il apparait que notre bateau nécessite quelques soins. Deb éparpille ses heures de travail entre du repassage à la laverie, des ventes de plats à emporter avec Julie (poulet basquaise, lasagnes et couscous) et des permanences à la maison de l’artisanat (avec Julie toujours) pour vendre des bijoux en graines et macramé. Ca rapporte des sous, pas de quoi fabriquer une caisse de bord mais c’est pas mal. J’en profite pour sortir le matériel de plongée et facturer du nettoyage de carène pour notre voisin avant de m’attaquer à Arumbaya.
Au programme : révision moteur et hors bord, reprise de l'étanchéité des hublots (le principal est remplacé par une planche de CP en attendant mon retour faute d'approvisionnement en primer SIKA) redressage des chandeliers, remise en état des vélos, mise en service du kayak, quelques travaux d’époxy, fabrication d’une dame de nage pour l’initiation à la godille, épissurer du bout,  refaire le mouillage arrière (on remouillera 4 fois en quelques jours avant de trouver un fond stable) et enfin un travail titanesque de couture…

A notre arrivée à Atuona nous avons tous participé au déménagement de Julie et Julien, ils habitent maintenant dans le bourg du village. Leur gentillesse et leur bonne humeur font de leur maison un véritable repaire pour nous autres voileux : proximité des magasins, internet, chambre d’ami, moto et scooter 125, et enfin, grande terrasse qui se transforme rapidement en atelier de couture clandestin.  Bertrand et Anne Sophie ouvrent le bal, plusieurs pièces de la maison y sont dédiées, on compte pas moins de 3 machines en service, la principale est une vieille Singer 20-33, bonne machine mais encore insuffisant pour les épaisseurs de tissus qu’on lui met sous le sabot… Il faudra donc implanter dans ce décor un espace « couture à la main ». Nous suivons de près leurs avancées, Anne Sophie parvient à garder son calme alors que Bertrand enrage, enfonçant nerveusement la pédale du pied en jurant sur la machine… Le doute me gagne, ma patience légendaire va être mise à rude épreuve… Enfin, 7 jours de travail plus tard, l’atelier est à notre disposition, l’équipage d’El Vadrouil, fort de ses voiles et capotes rapiécées s’en va prendre du bon temps à Tahuata.
Nous mettrons aussi  7 longs jours à venir à bout de tout ce qui est en tissu à bord, excepté la GV. Je laisse à Deb le soin d’aiguiser sa patience avec les machines (je ne m’en sens pas capable) et me lance dans la couture manuelle : gros fil, grosses aiguilles, paumelle, marteau et pince… Le travail est lent mais respire la solidité, c’est gratifiant!

Atelier clandestin de voilerie


Anne So et Bé


avant/après



Pré-trous pour faciliter le passage de
l'aiguille

Ainsi nous révisons génois, spi, capote, bimini, taud récupérateur de pluie, lazy bag et couvre capot.
A l’approche de la dernière couture la satisfaction est grande, c’est reparti pour quelques années!


Julie (infirmière comme Julien) part à Nuku Hiva faire un remplacement, ainsi nous passons beaucoup de temps avec Julien, entre pêche à la canne, capture et mise en congélation de poules et coq, ballades à moto, baignades, bref, que du bon!!!

Route d'Hanaipa



Bertrand (Bé) commence à guetter la météo pour la navigation vers les Tuamotu qui nous guettent. Il est prévu que je laisse Deb et Arumbaya entre eux le temps d’un aller à la voile à Tahiti pour aider à mettre El Vadrouil en sécurité à Taravao (Bé rentre en France quelques semaines) et d’un retour en avion.  Mais un aléa vient retarder l’expédition, les batteries d’El Vadrouil sombrent dans un coma profond, on attendra l’arrivée de batteries neuves juste commandées.

A la réflexion, ce n’est pas une si mauvaise nouvelle, je passe un peu plus de temps avec Deb, et Julien lance l’idée d’un banquet à base de cochon sur le quai, un dimanche de beau temps… Bonne occasion d’inviter nos amis, voileux et locaux. Grosse régalade!

 


Ropati et Olivier, dit "le belge" ou "Iggy Pop"








Julien

 On se paye également une virée lors d’un week-end à rallonge, nous embarquons avec Julien sur El Vadrouil, rassemblés tous les 5, direction l’île de Motane, cailloux vierge de vie humaine,  réserve protégée de moutons. Ca fait du bien de naviguer un peu, à peine arrivé nous enfilons nos tenues de chasse, les flèches percent les poissons, mais beaucoup d’entre eux présentent des signes d’intoxication douteux, nous jetterons 70% des prises… pas de risques…

Voilà, de retour à Atuona, c’est déjà l’heure de partir, à force de repousser on raccourci la durée de l’escale à Fatu Hiva et aux Tuamotu. Départ prévu ce soir à 21h, dans 8h, je bâcle donc un peu cet article car il me reste un sac à préparer et une douce à chérir…


A bientôt donc, et pour ceux qui se demandent encore pourquoi la pipe et la godille :



2 commentaires:

  1. Quelques remarques:
    Tu as l'air de tenir la pipe dans le bon sens et au bon endroit, mais je ne vois pas beaucoup de fumée sortir???
    La godille, c'est bien à l’arrière du canot, mais la position des mains laisse bien des doutes sur la maîtrise de la technique!!!

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