mardi 26 novembre 2013

Cap a l'ouest

On quitte le petit port de Sidi, barre au 270, moteur à 2500 tours, les voiles bien repliées, pas un souffle d’air…
Notre départ était houleux, le relationnel avec les autorités et le chef de la capitainerie en a pris un coup, il faut dire que pour une heure de retard sur notre départ nous nous sommes vu payer 24 heures supplémentaires de frais de port, heure que l’on a passée (en vain) à tenter de récupérer nos passeports.  Après tout la machine est bien huilée, on est au Maroc,  ça fait partie des petites combines sur lesquelles il ne faut pas s’attarder, même si on se fait enfiler c’est avec le sourire et dans la bonne humeur, la négociation ne se gagne pas en montant dans les tours… C’est justement  LA spécialité du capitaine, surtout en face des uniformes, déferlement d’injures et de propos très limites, nous intervenons en nous excusant, honte sur nous…
A priori les vents se lèveront après la nuit, en attendant on consomme du gasoil. Je prends le premier quart avec Cedric afin de faire connaissance, encore un équipier très sympa, c’est certainement le plus qualifié à bord en matière de navigation, je ne résiste pas à lui faire part de toutes nos mésaventures. Après en avoir rigolé nous pensons quand même que l’équipage du Mondrian est un peu limite en terme d’expérience, jusque là nous avons toujours joué prudemment, il nous manque cruellement de météo et d’autonomie, d’ailleurs nous mettons cap aux Canaries sans la moindre carte marine détaillée…
Les discussions vont bon train, tout le monde sauf nous deux dort, et paf, nouveau problème, au bout de 3 heures de moteur les vis de l’alternateur cèdent à nouveau. Il nous cause deux ennuis majeur, le premier c’est que nous sommes partis pour 180 milles (ouf c’est pas énorme) et que sans moteur notre autonomie est mise à mal, il va falloir tenir la barre non stop afin de ne pas utiliser le pilote auto. Ensuite cette panne n’est pas anodine, nous connaissons depuis longtemps notre problème d’autonomie, l’alternateur est malade, l’éolien et le solaire ne fournissent pas assez, et j’ai signalé depuis notre première escale de graves anomalies dans le circuit électrique, comme de la corrosion galvanique dans certains câblages… Alertes toujours prises avec légèreté, maintenant c’est clair nous n’irons pas plus loin que les Canaries si les travaux nécessaires ne sont entrepris!


Je vous laisse imaginer l’ambiance à bord, maintenant c’est Cedric qui se demande ce qu’il fout là. Nous commençons les quarts, en binômes pour se relayer à la barre, 2 heures de quart pour 3 de repos, parfait pour broyer du noir. Heureusement au bout de 48h nous sommes déjà en vue de l’île de Lanzarote, nous passons la première soirée au mouillage à coté d’authentiques loups de mer dont le physique en dit long sur les milles parcourus. Un article sera consacré à ces gens et leurs navires!





Lanzarote est l’île la plus a l’est de l’archipel des Canaries, c’est une île volcanique, complètement pelée, en attendant de prendre le temps de partir en excursion nous déposons le bateau à la marina d’Areicife et abandonnons Philippe à ses responsabilités, le bateau mérite une grande révision.

Nous quittons le bord tous les 4, l’ambiance n’est pas vraiment au beau fixe, une réunion au sommet se prépare…

Areicife, le 25 novembre.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire