mardi 26 novembre 2013

Quart de panique, by Deb.




Quart de 4h à 6h...

La nuit est plutôt calme, 10 nœuds de vent de moyenne, pas trop de houle. J'aperçois le ciel derrière nous très sombre, noir orageux. Bon pas de panique, ça va passer. Pour les connaisseur j'ai dans la tête la chanson des VRP dont le refrain fait "ça va passer ça va passer, OUF!"
La première heure est calme, je vaque à mes occupations, a 5h15 la lune disparaît derrière de gros nuages et me voilà plongée dans une nuit ténébreuse. Je m'allonge 5 minutes pour me reposer, me détendre, mais surtout pour m'abriter du vent entre deux coups d’œil. Je commence à sentir une petite pluie s'installer, la houle forci avec le vent, ça commence à sentir le roussi.
J'observe le génois qui veut passer par 2 fois de l'autre côté, le vent tourne, j'essaie de rectifier avec le pilote auto. En quelques minutes tout bascule, on empanne, le pilote se bloque en travers de la houle et on gite à mort. A ce moment là je suis pris de panique et donc je fais des erreurs de débutant, je me jette sur le pilote pour appuyer sur "standbye" mais n'ayant pas allumé ma frontale je n'y voit rien et appuie à l'inverse sur "auto" plusieurs fois. De là j'allume ma lumière, ce que j'aurai du faire depuis longtemps (première erreur). Je prends la barre, là Tom sort précipitamment et à moitié à poil et lâche le génois. Deux erreurs suivantes : j'aurai du réveiller quelqu'un pour venir m'aider et lâcher la voile dès le début et l'enrouler. Il a fallu qu'on soit deux pour le faire! Philippe réveillé brutalement par son expulsion de sa couchette est venu en renfort (on était pas de trop à trois).
Ca y est on ne gite plus, on essaie de mettre le moteur et rien, il ne fonctionne pas. Oups, on verra demain.
Cette scène c'est passée en quinze minutes environ, conclusion, les manœuvres doivent être des automatismes parce qu'on n'a pas le temps de réfléchir dans ces cas là et il faut agir vite! Maintenant tout le monde est réveillé, Sim se prépare pour prendre son quart et le vent est déjà retombé. On remet donc le génois et c'est reparti comme sur des roulettes. Je n'avais plus vraiment envie de dormir, mon cœur résonnait à l’intérieur de moi, pour tout vous dire je me suis fait peur.
En partant pour ce voyage je savais qu'on ne maîtrisait pas ces éléments, on peut juste essayer de les comprendre et de jouer avec.
L'océan c'est beau, c'est vaste, mais faut rester prudent.

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